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3.000 hectares annoncés en 2003 ne sont toujours pas disponibles
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En attendant le plan d'aménagement de Casablanca, tout se gère
par des autorisations exceptionnelles
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Les promoteurs critiquent le manque de transparence de ces dérogations
Le
brouillard plane toujours sur le foncier à Casablanca. Et les promoteurs
immobiliers n'arrêtent pas de vociférer contre ce qu'ils
appellent “un déphasage ” entre le discours gouvernemental
et celui des autorités locales. Le Premier ministre et le ministre
de l'Habitat s'accordent sur la politique adoptée en matière
de logement. Les pouvoirs publics avaient annoncé en grande pompe
une réserve foncière de 3.000 ha destinée aux investisseurs
dans le cadre de l'extension de Casablanca. Car l'Agence urbaine de Casablanca
(AUC) peine à situer ces terrains. En l'absence d'un plan d'aménagement
de la ville, la tâche n'est pas facile.
Depuis que l'ancien plan d'aménagement de la métropole économique
est arrivé à échéance en 1998, “l'Agence
urbaine continue de travailler sous son emprise”, confie Youssef
Benmansour, président de l'ALPIC (Association des lotisseurs et
promoteurs immobiliers de Casablanca). Pourtant, la ville a évolué
et les besoins des promoteurs en terrains ont augmenté. Pour débloquer
la situation, une circulaire conjointe du Premier ministre et du ministre
de l'Habitat a institué un système de dérogation.
Il s'agit d'autorisations exceptionnelles traitées au cas par cas.
En vertu de cette circulaire, les projets immobiliers approuvés
doivent présenter un avantage économique et social. Mais
qu'est-ce qu'un avantage économique et social? La formulation est
vague et laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.
Au niveau de l'AUC, le flou est de mise quant à l'octroi des autorisations
de construire. Les abus sont légion. Pour Benmansour, “l'Agence
urbaine a bloqué le système des dérogations prétextant
que des promoteurs ne respectent pas certains critères”.
A l'ALPIC, on estime qu'en l'absence de dispositions claires, “le
système des dérogations est devenu la porte ouverte à
toutes les interprétations”.
Autre point de discorde, les tergiversations sur le nouveau plan d'aménagement
de Casablanca est un réel handicap à l'accès aux
terrains. La ville est sans schéma directeur depuis déjà
cinq ans. Les promoteurs disent n'avoir aucune visibilité. En ville,
les terrains sont hors de prix. Et quand la transaction se fait, il faut
verser une partie du prix en noir. Le peu de terrains disponibles en périphérie
ne représentent pas le même intérêt pour les
promoteurs qui cherchent à optimiser leurs investissements. Cette
situation, le président de l'ALPIC l'impute au zoning de la ville
qui “n'a pas bougé depuis une vingtaine d'années”.
Les promoteurs qui se retrouvent dans “ une situation paralysante”
manifestent désormais leur intérêt pour le logement
social qui offre l'avantage d'être défiscalisé. Mais
là aussi, ils buttent sur l'obligation de construire 2.500 logements
en 5 ans. Pourtant, rien n'oblige à construire ces logements dans
la même ville. Les promoteurs peuvent répartir leur programme
sur plusieurs régions. Certains ont proposé de s'organiser
dans des groupements d'intérêt économique, mais la
loi ne le permet pas. Aujourd'hui, les regards des promoteurs sont tournés
vers l'Agence urbaine de Casablanca. Pour Farid Ziani, responsable de
la gestion urbaine à l'Agence, “l'étude concernant
le nouveau plan de Casablanca est déjà lancée”.
“Les résultats ne peuvent être communiqués que
dans un délai de 6, voire 12 mois”, précise-t-il.
Les investisseurs s'impatientent et accusent la lenteur des autorités
urbaines dans le traitement d'“un dossier aussi important pour l'avenir
de la ville”.
Ziani rétorque que “les dossiers qui sont soumis à
une demande de dérogation sont traités au niveau de commissions
de concertation”. Pour lui, le retard enregistré dans la
tenue des commissions s'explique par “les nouvelles structures de
Casablanca qui doivent répondre aux exigences de l'unicité
de la ville”. “La coordination et le réajustement des
circuits demandent du temps”, justifie-t-il.
En respect des nouvelles dispositions référant à
l'unicité de la ville, l'Agence n'est pas la seule impliquée
dans le processus d'octroi des autorisations de construire. Mais à
partir de 1998, dernière année d'application du schéma
directeur de Casablanca et dans un temps où le privé se
substituait avec succès à l'Etat, “le retard représente
une paralysie de tout le corps de l'immobilier”, explique un responsable
à la Fédération nationale de l'immobilier (FNI).
Plusieurs promoteurs ont acheté des terrains, d'autres ont été
interrompus en plein chantier.
Paru
dans L'economiste
n° 1675 du 2 décembre 2003 |
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