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· Les banques refusent de débloquer les crédits tant
que les contrats ne sont pas conformes au nouveau texte
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Celui-ci exige la forme authentique pour tout acte touchant la copropriété
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Un imbroglio juridique qui profitera surtout aux notaires, adouls et avocats
agréés près la Cour suprême
La
nouvelle loi sur la copropriété a fait ses premières
victimes. A peine entrée en vigueur le 8 novembre dernier, les
problèmes relatifs à son application ont déjà
fait surface. Et pas des moindres. Les banques doivent désormais,
selon l'article 12, fournir des contrats de prêts authentifiés
par un adoul, un notaire ou un avocat agréé près
la Cour suprême. Alors que ces organismes ont eu un an pour opérer
cette mutation (depuis la parution de la loi au BO du 7 novembre 2002),
rien à ce jour n'a encore été réalisé.
Résultats: des milliers de contrats sont bloqués. «Scandaleux,
s'écrie un promoteur immobilier qui requiert l'anonymat, même
avec un an d'avance, tout ce qu'ils trouvent à répliquer
c'est qu'ils sont submergées de travail». Du côté
des banques, le problème est aussi complexe. «Elles ne peuvent
pas changer tous leurs modèles de contrats, c'est énorme»,
affirme un banquier de la place.
Le goulot d'étranglement existe donc depuis le 8 novembre. «Les
crédits sont accordés, mais les banques refusent de débloquer
les fonds invoquant la non-conformité des contrats à la
nouvelle loi», indique le promoteur. Et d'ajouter: «Même
lorsque certains contrats sont délivrés, ils sont refusés
par le conservateur qui exige la forme authentique». Un véritable
imbroglio juridique. Il convient de signaler à ce niveau, qu'une
fois authentifié, l'acte doit être remis à la conservation
foncière.
En attendant, les milliers de contrats bloqués pénalisent
non seulement le promoteur immobilier (qui ne peut pas rembourser son
prêt tant que l'acquéreur ne paye pas) mais aussi l'acheteur
final. Les banques, quant à elles, ne semblent pas être gênées
outre mesure. «La mise en conformité est un travail lourd,
c'est normal qu'il y ait une période de flottement. En tout cas,
les agences continuent de recevoir de nouveaux contrats», explique
un responsable du Crédit immobilier et hôtelier (CIH).
Il convient de rappeler que les contrats de prêts bancaires sont
généralement prévus sous seing privé. Grâce
au développement de l'informatisation, il était possible
de concevoir et de rédiger ces contrats avec beaucoup de célérité.
Ainsi, les banques disposaient d'un modèle propre à chaque
type de prêt, «ce qui réduisait considérablement
le temps d'octroi du crédit», affirme ce responsable. La
réduction du temps d'étude du dossier et, par conséquent,
celui de l'octroi du crédit, constitue, en effet, l'un des plus
grands avantages compétitifs dans la course aux clients. La forme
authentique prolongera à l'évidence les délais à
tous les niveaux. «Situation à laquelle nous assistons aujourd'hui»,
fait observer le responsable.
Pour leur part, les notaires continuent de voir en cette disposition un
renforcement de la sécurité des transactions. «En
dépit des problèmes ponctuels, l'apport du nouveau texte
en matière de sécurité et d'information du consommateur
est indéniable», soutient un notaire de Casablanca. Réaction
plutôt normale, puisque cette nouvelle loi représente aussi
une manne pour eux. Entre le souci de célérité des
établissements bancaires et les impératifs sécuritaires
des notaires, c'est encore le client qui trinque.
H.
B. M.
Les logements sociaux, communément appelés habitations bon
marché (HBM), souffrent particulièrement de l'application
de ce nouveau texte. L'exigence d'authenticité pénalise
les futurs propriétaires, car l'acte notarié est beaucoup
plus onéreux qu'un contrat sous seing privé.
«Les futurs propriétaires sont obligés de payer 12.000
DH au lieu des 6.000 anciennement prévus comme frais de notaire»,
affirment plusieurs experts. Une disposition assez contraignante, sachant
que ces logements sont destinés à des personnes défavorisées.
Paru
dans L'economiste
n° 1646 du 19 novembre 2003 |
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